EXPLORATION
La spéléologie...

La spéléologie est à la fois une science et un sport. Elle a pour but l'étude ou l'exploration des cavités naturelles du sous-sol.

Aujourd'hui, pour Plumalhon, Elsa va descendre sous terre dans la grotte de l'Aguzou dans la haute vallée de l'Aude. Mais avant d'explorer cette caverne classée et protégée, Elsa doit s'équiper. En effet cette grotte n'est pas comme les autres grottes touristiques, et pour la protéger au maximum aucune lampe n'a été installée à l'intérieur.

Une combinaison étanche lui permettra de progresser sans risque de se salir et un casque équipé d'une lampe lui protègera la tête. Le groupe est prêt, nous pouvons rejoindre l'entrée de la grotte.

Pour y arriver nous devons traverser l'Aude, la rivière qui coule dans cette vallée. Elle est à présent 80 m au-dessous de l'entrée de la caverne. C'est cette même rivière qui a façonné la grotte en s'engouffrant dans une faille il y a plus d'un million d'années.

La grotte est connue depuis 1882, malheureusement pas protégée à l'époque, les premières salles ont été pillées de leurs stalactites et cristaux. Ce n'est qu'en 1965 qu'un père et son fils de douze ans ont découvert la deuxième partie intacte de la grotte.

Elle a été rapidement protégée par une porte en fer et aujourd'hui l'accès à la cavité est réglementé et ne peut se faire qu'avec un guide diplômé.

Me voilà enfin dans la grotte. Effectivement la première partie de la grotte est pauvre en stalactites. Par endroit, le plafond est très bas et le casque utile.

Je longe alors une longue faille étroite et glissante où je comprends la nécessité de ma combinaison. Tout au bout, une petite porte aménagée permet d'accéder à la deuxième partie de la grotte, celle découverte en 1965. Après s'être engouffrés par cette ouverture nous la refermons derrière nous, cela permet de conserver la même température de 9°C dans la grotte.

Très vite j'aperçois les premiers cristaux de calcite à la base d'un mur rocheux. Un peu plus loin, dans une flaque d'eau de drôle de petites boules pas plus grandes que des billes sont en train de se former. ces formations portent le nom tout à fait approprié de "cristaux en boules".

Plus j'avance sur les six kilomètres de galeries que compte la grotte et plus je suis émerveillée par la beauté du monde minéral souterrain. Je m'arrête un instant devant une draperie pour observer les petites gouttes d'eau qui créent ces décors.

Assise devant une stalagmite, j'écoute le conservateur de la grotte qui m'explique comment se forment ces décors. En fait au dessus de notre tête se trouve une épaisse couche rocheuse calcaire et encore au dessus la forêt. Lorsque qu'il fait orage, la pluie traverse le manteau végétal de la forêt et se charge de gaz carbonique. L'eau devenant acide à cause du gaz, dissout la roche calcaire et la traverse jusqu'à la grotte.

L'eau qui suinte alors du plafond et qui a mis plusieurs jours à traverser la roche est chargée de calcaire dissous qu'elle dépose goutte à goutte. Ce dépôt minéral appelé calcite, forme au plafond des stalactites qui descendent, et au sol des stalagmites qui montent.

Mais ce dépôt se fait très lentement, on estime qu'il faut 100 ans pour faire grandir d'un centimètre une stalactite. Ce chiffre est une moyenne, il varie suivant le taux de calcaire dissous dans les gouttes.

Parfois, des formations étranges apparaissent aux yeux des spéléologues. C'est le cas de ces cristaux dits "excentriques" qui partent dans tous les sens en semblant défier les lois de la gravité. Ceux-ci sont en aragonite. Leur formation est longtemps restée une énigme pour les chercheurs qui croyaient que c'était le courant d'air ou des bactéries. Il s'agit en fait de plusieurs forces physiques et en particulier l'action d'une force appelée "tension superficielle" qui repousse l'eau sur les bords.

La grotte de l'Aguzou est classée, et lorsqu'on veut préserver un site comme celui-là, on protège également tout ce qui lui permet d'exister. C'est pourquoi la forêt située au dessus de la caverne fait également partie du périmètre de protection. Il est donc interdit de couper des arbres en grande quantité ou de construire des maisons dessus.

Dans la grotte, les pièces se succèdent. Certaines sont vraiment immenses. Parfois des draperies de 20 mètres de haut pendent du plafond et l'on se sent tout petit.

La nuit chez moi il y a toujours un peu de luminosité créée par les lampadaires de la rue, un radio-réveil ou la lune. Ici c'est un noir parfait. Et si l'on prête l'oreille on entend ça et là le bruit que font les gouttes d'eau en tombant sur le sol.

Mais il est temps de rebrousser chemin et en repassant par la petite porte qui donne accès à la deuxième partie de la grotte, j'en profite pour prendre en photo Fred, le reporter de Plumalhon qui m'a accompagné dans la grotte. Il est temps maintenant de dire au revoir à Philippe Moréno, le conservateur de la grotte qui m'a guidé sous terre lors de cette initiation au monde souterrain.

 

 

Elsa, par Fredéric Lavail - Pour Plumalhon - Août 2002

 


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Page créée le : 29/01/04
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