GÉNÉRALITÉ
Datation par l’observation

La première manière d’aborder la vitesse de croissance passe par l’observation de coupes de concrétions. Lorsque des perles de cavernes par exemple ont été découvertes dans des mines abandonnées depuis une cinquantaine d’années, on a remarqué qu’elles présentaient le même nombre de stries concentriques d’accroissement.

Tout semblait donc indiquer que chaque printemps pluvieux avait apporté une nouvelle couche de calcite pour laisser ensuite, jusqu’à la fois suivante, la concrétion en état.

Dominique Genty, le premier, a entrepris un travail sur les concrétions en provenance de tunnels des canaux du nord de la France dont l’âge est bien connu : il a montré que chaque strie d’accroissement d’une stalagmite, ou lamine, était composée d’une partie claire, poreuse, d’une partie sombre, compacte, et que ce couple correspondait à des dépôts annuels, comme cela s’observe sur le tronc des arbres.

Les épaisseurs et les couleurs (niveaux de gris) de ces lamines prouvent l’existence de cycles. Le rayonnement solaire influe directement en effet sur la photosynthèse et donc sur la quantité de matière organique libérée dans le sol, elle-même à l’origine du gaz carbonique qui donne l’acide carbonique.

Par l’analyse au carbone 14

La première datation au carbone 14, a été réalisée en 1967, à partir d’une stalagmite prélevée dans l’aven d’Orgnac (Ardèche). Elle a révélé la discontinuité de la croissance d’une concrétion de 2 m de haut et 90 mm de diamètre. Sa base qui s’est formée il y a 6 500 ans. Elle a grandi régulièrement pendant 500 ans puis la vitesse de croissance a décru de moitié pendant 2 000 ans pour arriver à sa valeur actuelle (travaux de J.C. Duplessy).

Par des isotopes non stables

Le carbone 14 ne permet pas, hélas, de dater des concrétions au delà de 50 000 ans. Aussi utilise-t-on, lorsque l’on veut remonter à 700 000 ans un couple d’isotopes non stables, le couple uranium/thorium (U234/Th230). Les quantités de matière nécessaires pour réaliser ces analyses au spectographe de masse présentent encore l’avantage d’être très faibles, de l’ordre de 1 g.

Par des isotopes stables

Des isotopes stables (O16, O18, C13) permettent de retracer les conditions climatiques qui régnaient au moment de la formation des concrétions or il est possible, à partir de repères climatiques, d’estimer l’âge des concrétions. Outre la possibilité d’une datation relative des concrétions avec d’autres sites connus, cette méthode permet donc de connaître les conditions qui régnaient en surface au moment du dépôt des concrétions, comme la température.

La croissance des concrétions

L’ensemble des travaux d’analyse et d’observation montrent tout d’abord que la vitesse de croissance d’une concrétion est très variable d’une cavité à l’autre et également à l’intérieur d’une même cavité. Ils prouvent aussi que des phases où le concrétionnement est faible, voire nul, alternent avec des périodes de concrétionnement intense.

 

 

Texte inspiré du livre "Fleurs de pierre" de Patrick Cabrol et Alain Mangin - Année 2000 Editions Delachaux et Niestlé

 


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