GÉNÉRALITÉ
Vulnérabilité et protection

Deux grandes notions définissent la vulnérabilité et la protection de cet environnement : son inertie et sa résilience. La notion d’inertie se rapporte aux possibilités que possède le milieu d’absorber une perturbation, quel que soit sa nature (altération du couvert végétal en surface, fréquentation des cavités par l’homme…), sans que les paramètres du milieu soient modifiés. La résilience concerne la capacité que présente le milieu pour revenir à son état initial dès l’instant où une perturbation en a modifié les paramètres.

La définition de ces deux caractéristiques impose la connaissance précise du champ thermique dans les cavités au niveau de la roche, celle des débits d’air véhiculés dans les galeries, ainsi que la détermination des flux de CO2, en concomitance avec la chimie des eaux d’infiltration. En d’autres termes, seule une étude fine du fonctionnement de la zone d’infiltration d’un karst permet d’avoir accès à ces données.

C’est la quantification de ces caractéristiques (inertie et résilience) qui permet de dire si une grotte est vulnérable ou non, soit dans sa totalité, soit pour une partie seulement ; ce sont elles encore qui peuvent autoriser la mise au point d’un protocole de gestion de ce milieu afin qu’il conserve son intégrité.

Vulnérabilité des eaux souterraines karstiques

L’évolution des connaissances sur le karst et sur les circulations d’eau souterraine ainsi que la diversification des types de pollution conduisent à poser le problème de la vulnérabilité des aquifères karstiques en termes bien différents de ceux de l’époque de Martel.

En effet, de même que le karst était considéré comme un simple réseau de conduit, au même titre qu’un réseau d’égoûts, la pollution micobienne était la seule prise en compte dans les dangers envisagés. Or, la pollution microbienne n’est plus la principale préoccupation, parce que des moyens efficaces et peu coûteux sont à la disposition des exploitants pour la combattre ; en revanche, les pollutions chimiques sont autrement préoccupantes, dans la mesure où nous ne disposons pas de techniques de dépollution.

Aussi, une politique de prévention des pollutions doit être associée à l’exploitation des aquifères et à l’aménagement du territoire en régions karstiques ; elle doit s’appuyer obligatoirement sur des documents détaillés établissant le degré de sensibilité du karst aux pollutions.

La valorisation des régions karstiques

La préservation de la qualité de l’environnement karstique est nécessaire à celle de la qualité de notre vie. Ainsi, les régions karstiques ne doivent plus être vouées à ne pas être exploitées et à être transformées en désert. A condition de les étudier avec des méthodes appropriées, nous sommes capables actuellement, non seulement de les mettre en valeur, mais aussi de préserver leurs qualités et leurs propriétés originales.

 

 

Texte d' Alain Mangin, Laboratoire souterrain de Moulis et Michel Bakalowicz, HydroSciences Montpellier

Extrait de SPELUNCA n° 35 - 1989 spécial "Protection des cavernes et du milieu karstique"

 


Copyright © grotte de l'Aguzou 2003-2004
Contactez-nous
Plan du Site
Page créée le : 20/01/04
Vous êtes ici : Sommaire > Milieu souterrain > Karst > Protection karst