PRINCIPAUX INTÉRÊTS
Des êtres vivants

Comme tous les milieux à la surface de la Terre, le milieu souterrain et les grottes sont peuplés d’êtres vivants. Ceux-ci, des animaux pour l’essentiel, occupent aussi bien les eaux souterraines que les parties aérées, fissures ou grandes cavités.

Du fait qu’il n’existe pas, comme en surface, de production primaire (la végétation, qui se développe grâce à la lumière solaire), la survie de ces animaux dépend soit de leur aptitude à sortir et à se procurer de la nourriture à l’extérieur, soit de l’existence de ressources introduites sous terre par les eaux, la gravité ou d’autres animaux, dont l’homme.

Des animaux adaptés

Les premiers sont dits troglophiles. Ces sont en particulier certaines chauves-souris et certains insectes. Les seconds sont dénommés troglobies ou hypogés. Les animaux hypogés, qu’il soient terrestres ou aquatiques, présentent des caractères particuliers relatifs à leur aspect, à leur reproduction et à leur mode de vie.

Les cavernicoles vrais

Leur aspect est marqué par une absence de pigmentation. Ils sont souvent blanc ou transparent, parfois ocre jaune. Leurs pigments, quand ils en possèdent, ne sont pas activés, du fait de l’absence de lumière. Ils présentent souvent des antennes développées, organes leur permettant de se repérer.

Des invertébrés et des vertébrés

La majorité de la faune souterraine est constituée d'invertébrés, insectes et araignées pour les terrestres, crustacés pour les aquatiques. Il existe toutefois des vertébrés adaptés au milieu souterrain, dans les régions karstiques possédant une faune suffisamment diversifiée et abondante pour constituer une alimentation. Ce sont essentiellement des batraciens, comme le Protée des grottes de Slovénie et de Croatie, et des poissons, communs en Amérique cenrale, en Afrique et en Asie.

Les premières considérations

Les animaux souterrains ont longtemps été considérés comme des “fossiles vivants”, descendant d’animaux épigés qui se seraient réfugiés sous terre à la suite de bouleversements climatiques et géologiques. En effet, tous ces animaux descendent de familles connues en général pour avoir vécu dans ou sur les sols, dans les eaux de surface et dans les océans.

Les considérations actuelles

Cependant, il est maintenant établi que de nombreuses espèces hypogées descendent d’espèces épigées vivant et se reproduisant habituellemet à la fois à l’extérieur et sous terre. Tant que les populations de surface existent et continuent d’alimenter un flux de migration vers le milieu souterrain, par exemple par les apport d’une perte, les caractères épigés sont conservés ; la population souterraine ne se distingue pas de celle de surface.

Mais si ce flux cesse pour différentes raisons (changement climatique, arrêt du fonctionnnement des pertes, etc.), la population souterraine finit par acquérir des caractères particuliers (dépigmentation, perte de la vue, etc.). Le milieu souterrain ne doit pas être considéré comme un refuge, mais comme un lieu de colonisation active.

 

Texte réalisé par Michel Bakalowicz, HydroSciences Montpellier

Extrait du "Manuel à l'usage des guides des grottes touristiques" Editions Castelet 1996

 

 


Copyright © grotte de l'Aguzou 2003-2004
Contactez-nous
Plan du Site
Page créée le : 20/01/04
Vous êtes ici : Sommaire > Milieu souterrain > Intérêts scientifiques > Biospéologie