HISTORIQUE
Les grottes et la préhistoire

Les grottes ont de tout temps attiré les hommes et les animaux. Ces lieux particuliers, du fait de leur évolution parfois très lente et de la stabilité de leur climat, conservent parfaitement de nombreux témoignages de ces fréquentations. Nos plus lointains ancêtres ne furent-ils pas qualifiés “d’hommes des cavernes”?

Certains types de vestiges archéologiques se rencontrent, presque exclusivement dans le monde souterrain à l’exemple des empreintes humaines ou animales, ou bien encore de l’art pariétal paléolithique.

Mais au delà de ces vestiges émouvants, c’est une quantité importante d’informations concernant les hommes des temps passés et leur environnement naturel, qui est disponible sur le sol et les parois de nombreuses cavités.

Les recherches archéologiques, dans le monde souterrain sont complémentaires de celles conduites au jour, dans les abris ou en plein air. Sous terre, c’est bien souvent le témoignage de quelques instants de la vie de quelques individus qui nous est révélé. Ces “images instantanées”, d’une exceptionnelle qualité, viennent illustrer le film de “l’histoire de l’humanité” patiemment reconstitué, à “l’extérieur” par les archéologues et les paléontologues.

La trace du passage des animaux

Certains animaux, autres que les chauves-souris, occupent volontiers le monde souterrain. Ils peuvent être les hôtes occasionnels ou bien y accomplir une partie de leur cycle biologique, à l’exemple des ours qui l’utilisent en particulier pour leurs hibernations. Ces animaux nous ont laissés de nombreux témoignages de leurs déambulations (empreintes, griffades), de leurs aménagements (bauges ou nids), des reliefs de leurs repas (ossements de leurs proies), de leurs déjections (cropolithes) ou bien encore leurs squelettes s’ils sont morts sur place.

D’autres animaux ont également fréquenté le monde souterrain profond tels que des carnivores (lions, loups, hyènes…) auxquels il convient d’ajouter quelques rares cas d’herbivores (bouquetins, chèvres, rennes…).
Ces animaux, dont les passages peuvent être parfois datés, nous renseignent sur leur comportement, mais aussi sur l’environnement naturel des hommes contemporains (nourriture, couvert végétal, climat sont en effet précisés par le biotope nécessaire à l’existance de chaque espèce).

La conquête de l’homme

Il y a près de 400 000 ans, l’homme maîtrise le feu et ainsi muni d’un éclairage artificiel, il va pouvoir s’aventurer dans les galeries profondes. Nous ne disposons encore que de très peu d’information sur ses premières exploitations.

Les fréqentations du monde souterrain profond deviennent de plus en plus régulières au cours du Paléolithique supérieur. Il y a 30 ou 25 000 ans, l’homme préhistorique “signe” ses passages sur les parois des grottes. Les tracés digités et les mains peintes négatives sont les témoignages caractéristiques de cette phase ancienne de l’art pariétal paléolithique.

Vers la fin de cette période, alors que l’art pariétal préhistorique semble atteindre son apogée, entre 15 000 et 10 000 ans, de véritables explorations spéléologiques se sont déroulées dans certaines cavités, des traces multiples (gravures, peintures, empreintes, foyers…) prouvent la fréquentation humaine parfois à plus d’un kilomètre de l’entrée.

Les rigueurs climatiques de la dernière glaciation ont probablement été un facteur déterminant pour la conquête du monde souterrain profond par les hommes du Magdalénien. En effet, la température interne des grottes de moyenne altitude (en dessous de 1000 mètres) était voisine de celle que nous observons actuellement, aussi le gain de confort était particulièrement appréciable.

L’art pariétal paléolithique est incontestablement le témoignage le plus spectaculaire du séjour de l’homme préhistorique dans le monde souterrain. Plus de 140 grottes ornées paléolithiques sont actuellement connues en France.

A la fin de la dernière époque glacière, il y a quelques 10 000 ans, les hommes semblent abandonner les galeries profondes et obscures. Il faudra attendre les débuts du Néolithique pour voir les hommes s’aventurer à nouveau sous terre.

L’avènement de l’agriculture et de l’élevage, la tendance à la sédentarisation créent de nouvelles contraintes. Dans les régions karstiques les grottes occupent une place importante à l’intérieur du territoire. Comme par le passé, les porches et entrées, demeurent des abris naturels forts utilisés. A partir de cette époque, les caractéristiques défensives, ou les fonctions de cachette, du monde souterrain seront régulièrement re-exploitées.

Au cours des périodes historiques, certaines cavités naturelles profondes furent quelquefois exploitées comme mines. Des minéralisations diverses (fer, cuivre, argent…) furent extraites parfois sur une grande échelle. Des exploitations minière analogues, dans des cavités karstiques, étaient actives au début du vingtième siècle.

 

 

Texte de François Rouzaud †, DRAC Midi-Pyrénées

Extrait du "Manuel à l'usage des guides des grottes touristiques" Ed. Castelet 1996


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Page créée le : 20/01/04
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